Combien vaut le fonds de commerce d’un salon de coiffure ou de soins et beauté?

A lire pour évaluer et valoriser un salon de coiffure / soins et beauté.

 

En 2017, les salons de coiffure représentaient la deuxième activité artisanale en France avec 85 492 établissements dont environ 64 000 salons [source : Union Nationale des Entreprises de Coiffure]. Les salons et instituts de beauté étaient quant à eux près de 42 000 [source : http://www.institutbeaute.net/].

Ces deux activités sont des domaines pour lesquels l’accès à un emplacement et/ou à un portefeuille de clients récurrents demeure primordial et réduit le risque lié au développement d’une clientèle ex-nihilo.

Dans ce contexte, la reprise d’un fonds de commerce existant est une option à ne pas négliger pour les entrepreneurs se lançant dans cette activité, ou pour les franchises et enseignes souhaitant accélérer leur développement. Elle constitue en outre un moyen pour les dirigeants de salons de valoriser/compléter leur patrimoine au moment de la retraite.

Cependant, ce secteur a connu des mutations profondes et rapides avec notamment la progression de l’activité à domicile (qui atteint environ 25% du nombre des établissements de coiffure) ou le développement du digital.

En parallèle, le taux de reprise du secteur (c’est à dire le nombre de reprises sur le total d’immatriculations) a connu une baisse sensible en passant de 18,4% en 2011 à 11,3% l'an dernier [source UNEC].

Quelles sont les conséquences de ces évolutions (notamment la baisse du nombre de cessions) sur la valeur des fonds de commerce ?

Les graphiques ci-dessous présentent un rapide aperçu des transactions dans le secteur des salons de coiffures et de beauté (code NAF 9602). Les données utilisées proviennent de la base de données Atometrics, agrégeant notamment des données du BODACC et de DataInfogreffe.

Comment les prix médians des fonds de commerce des salons de coiffure/beauté ont-ils évolués depuis 10 ans?

Le graphique ci-dessous représente l'évolution du prix médian (en €) des cessions de fonds de commerce de salons de coiffure et/ou beauté de 2008 à 2018.

 

L'observation de ce graphique permet de différencier deux périodes:

  • De 2008 à 2012, le prix médian des fonds de commerce cédés est compris entre 70 000€ et 80 000€
  • De 2013 à 2018, ce prix médian est compris entre 50 000€ et 60 000€

En comparant les années 2008 et 2018, le prix médian des cessions à chuté d'environ 35%.

L'observation des prix de cession en valeur absolue permet d'appréhender le niveau des investissements engagés sur le marché des transactions de fonds de commerces des salons de coiffure/beauté. Toutefois, cette information n'est pas suffisante pour appréhender le niveau de valorisation des fonds en tant que tel. En effet, pour un salon donné, un niveau de prix supérieur peut par exemple être expliqué par une plus grande taille, pas nécessairement par une valorisation relative plus élevée.

Afin de mettre en avant cet effet, le graphique ci-dessous représente les prix des transactions exprimées sous la forme de multiples de Chiffre d'Affaires (CA) sur la période 2012 à 2018. En d'autres termes, ces multiples indiquent quel est le prix payé par les repreneurs pour l'achat d'1€ de CA annuel. Ces niveaux apparaissent sous la forme d'intervalles inter-quartiles, mesure qui permet de visualiser l'écart existant (la dispersion) entre les niveaux de valorisation les plus élevés et les plus faibles pour chaque année.

 

  • Il apparait que le niveau median de valorisation des fonds de commerce (exprimé sous la forme d'un multiple de CA) est en croissance constante sur la période. En effet, il passe d'un niveau de 0,43 (soit 43 centimes pour 1€ de CA annuel, ou encore 43% du CA annuel) à 0,59 en 2018, soit une progression de 37%!
  • Une tendance semblable est également observée au niveau des bornes basses (1er quartile) et hautes (3ème quartile) ce qui confirme qu'elle touche le marché dans son ensemble.

Existe-t'il des différences entre les niveaux de valorisation par région?

Les deux cartes ci-dessous représentent les niveaux de valorisation médians observés par région sur la période 2015-2016 et 2017-2018, respectivement.

 Multiples médians par région

(Période 2015 - 2016)

Multiples médians par région

(Période 2017 - 2018)

  • En comparant les deux cartes ci-dessus, on remarque qu'il existe un écart important entre les niveaux de valorisation par région. L'écart entre les niveaux de valorisation minimums (Hauts-de-France ou Grand-Est) et maximums (Provence-Alpes-Côte d'Azur) est de, respectivement, 0,19 (ou 19% du CA) pour la période 2015-2016 et de 0,32 (ou 32% du CA) pour la période 2017-2018.
  • Les multiples observés sur la période 2017-2018 sont stables ou en croissance par rapport à la période 2015-2016. Ceci indique bien que les écarts entre les niveaux de valorisation observés sur les différentes régions sont stables dans le temps.

Principaux enseignements

Malgré la baisse du taux de reprise et du prix médian des cessions (en valeur absolue), les analyses et graphiques ci-dessus suggèrent que:

  1. Au niveau national, le niveau de valorisation (exprimé sous la forme d'un multiple de CA) connait une croissance continue depuis 2012 (passage de 0,43 à 0,59 x le CA annuel). Si l'on extrapole, cette évolution correspond à une appréciation du patrimoine des cédants de 37% sur la période, soit un taux de croissance annuel moyen de 5,1% pour les investisseurs avertis.
  2. Cette hausse des niveaux de valorisation a touché le bas comme le haut de fourchette et est donc vraie pour l'ensemble des types de salons.
  3. Enfin, il existe structurellement des écarts importants entre les niveaux de valorisation observés sur les différentes régions françaises.

 

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  1. des données: transactions comparables, comptes de sociétés ou informations sur le marché local par exemple,
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En nous appuyant sur les informations contenues dans la base de données atometrics, nous avons analysé le secteur des experts-comptables en France (1 050 cabinets dans le panel analysé) à travers 3 indicateurs de performance :

  • le Taux horaire réel facturé (calculé en divisant le chiffre d'affaires HT des cabinets par leur effectif puis en le ramenant à un taux horaire en prenant en compte le nombre de jours ouvrés et une moyenne de 8 heures de travail effectif par jour),
  • le Salaire chargé mensuel moyen, et
  • la Rentabilité (EBE sur chiffre d’affaires)

Ces indicateurs ont été analysés pour 3 zones géographiques distinctes représentatives de tailles de villes :

  • Zone 1 : Paris
  • Zone 2 : Lyon, Nice, Lille, Marseille et Toulouse
  • Zone 3 : Reste de la France métropolitaine.

Enfin, chaque zone a été segmentée en 5 tranches de chiffre d’affaires afin de contrôler les éventuels effets d’échelle induits par la taille des cabinets.

Les tableaux ci-dessous présentent les indicateurs observés pour chaque zone/tranche:

Principales observations

 

Les taux horaires réels et le niveau des salaires sont plus élevés dans les grandes villes.

  • Le taux horaire réel médian facturé à Paris est supérieur de 10€ au taux médian observé dans les autres métropoles françaises de la zone 2. Ce taux est lui-même supérieur de 10€ aux taux observés en zone 3.
  • Un constat identique peut être fait pour le salaire chargé mensuel. En effet, il existe une différence de 1 400€ entre les salaires chargés médians observés en zone 3 (4 200€) et ceux observés en zone 1 (5 600€). Les niveaux observés dans la zone 2 (Lyon, Nice, Lille, Marseille et Toulouse) se situent entre ces deux valeurs (5 100€).

Les taux horaires réels et le niveau des salaires sont globalement positivement corrélés avec la taille des cabinets:

  • Au sein de chaque zone, le taux horaire réel facturé augmente avec la taille des cabinets (à l’exception des plus petites structures pour les zones 1 et 2).
  • Une relation similaire semble exister entre le salaire moyen et la taille des cabinets pour les experts-comptables situés à Paris. En effet, les plus grands cabinets semblent être capables de facturer les taux horaires les plus élevés tout en versant les rémunération les plus attractives.

Si la rentabilité semble être globalement inférieure à Paris, ce constat n’est pas vrai pour toutes les tailles de cabinets:

  • La rentabilité médiane observée sur le panel analysé ressort à 11,1% à Paris contre 12,4% en zone 3 et 12,3% en zone 2.
  • Il semble donc que les taux réels plus élevés facturés à Paris sont plus que neutralisés par les coûts salariaux importants. Toutefois, ce constat n’est vérifié pour toutes les tranches de taille.

Cette analyse suggère que la rentabilité d’un cabinet n’est pas seulement expliquée par les facteurs analysés (prix, salaires et taille des cabinets).

Au-delà des drivers de performance les plus évidents que sont par exemple le portefeuille de clients, les types de missions effectuées, la renommée du cabinet ou le niveau d’expérience des experts/collaborateurs, d’autres facteurs doivent être considérés.

En effet, d’autres facteurs internes comme la sous-activité ou les difficultés de recrutement sont également importants. Il en est de même pour des facteurs externes comme la typologie et la densité de la clientèle locale, le niveau de concurrence ou le coût de la vie.

L’identification et la quantification de l'impact de ces facteurs internes et externes sur la performance économique des cabinets est rendue possible par la constitution d'une base de données segmentée (en fonction des critères internes à évaluer : spécialité, taille, etc.) et intégrant des données sur les facteurs externes déterminants (comme l'intensité concurrentielle par exemple).

Contactez-nous si vous souhaitez obtenir un diagnostic de la performance concurrentielle de votre cabinet, des recommandations concernant l’implantation, ou une valorisation de votre activité.

 

 

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Nos plateformes digitales permettent de réaliser/visualiser des analyses simples en temps-réel des données contenues dans notre base. Celle-ci contient par exemple plus de 500 000 liasses fiscales, 150 000 cessions de fonds de commerce, de nombreuses données socio-économiques etc.

Quel est le taux horaire réel facturé par les cabinets d’avocats en France?

Quelle que soit leur spécialité, les cabinets d’avocats adoptent majoritairement un mode de tarification basé sur l’application d’un taux horaire.

Ce principe est direct dans le cas des travaux basés sur le « temps passé » ou indirect pour les missions facturées au forfait car elles résultent généralement in fine d’une estimation du temps nécessaire pour réaliser ladite mission.

Toutefois, il existe une différence entre les taux horaires affichés et les taux réels observés. En effet, les taux réels tiennent compte de la sous-activité, des remises ou de la présence de personnel administratif par exemple. Ils reflètent plus précisément la capacité d’un cabinet à générer des revenus.

En nous appuyant sur les informations contenues dans la base de données atometrics, nous avons voulu observer s’il existait des différences entre les taux horaires réels facturés par les avocats en France. Pour ce faire, nous avons calculé un taux horaire réel par personne en divisant le chiffre d'affaires HT des cabinets par leur effectif puis l'avons ramené à un taux horaire en prenant en compte le nombre de jours ouvrés et une moyenne de 8 heures de travail effectif par jour.

Le graphique ci-dessous représente le taux horaire réel médian observé pour les différentes régions françaises (sur un panel de 1 680 cabinets d’avocats).[1]

Taux horaires réels médians des cabinets d’avocats par région

 

[1] Il est important de noter que les analyses contenues dans cet article ont été réalisées sur la base d’un panel de 1 680 cabinets d’avocats exerçant sous la forme de sociétés unipersonnelles ou pluripersonnelles. Elles ne prennent pas en compte les avocats exerçants leur profession sous la forme de Bénéfices Non Commerciaux.

Force est de constater qu’il existe des écarts importants entre les différentes régions. A titre d’exemple, les taux réalisés en Nouvelle-Aquitaine (92€HT/h) et en Ile-de-France (175€HT/h) vont quasiment du simple au double.

Pour aller un peu plus loin, le graphique ci-dessous représente la dispersion statistique (sous la forme d’un intervalle interquartile) des taux horaires réels dans les 6 régions hébergeant le plus de cabinets d’avocats. Ces résultats accentuent l’hétérogénéité dans les taux facturés par les différents cabinets au sein de ces régions.

Dispersion des taux horaires réels (en €HT) sur les principales régions françaises

On observe que l’écart entre les taux situés en bas de fourchette (de 61€ dans les Pays de la Loire à 92€ en Ile-de-France) est moindre que celui des taux situés en haut de fourchette (de 157€ en Nouvelle-Aquitaine à 318€ en Ile-de-France).

Quels sont les facteurs expliquant le niveau des taux horaires ?

Au vu de ces informations, il est intéressant de se demander quels sont les facteurs expliquant ces différences.

Certes, les taux horaires sont avant tout un signal prix et sont donc représentatifs de facteurs internes comme la spécialité pratiquée, la renommée du cabinet, sa taille ou le niveau d’expérience des avocats/collaborateurs (certains de ces critères font d'ailleurs écho à ceux mentionnés dans l'article 11.2 du code de déontologie traitant des "Conventions d'honoraires"). Ceci met l’accent sur l’importance de ces critères dans une analyse comparative.

Toutefois, ces taux sont-ils également impactés par des facteurs externes comme la typologie et la densité de la clientèle locale, le niveau de concurrence ou le coût de la vie par exemple ?

Intensité concurrentielle en nombre d'avocats pour 1 000 entreprises

 

Le taux observé sur le haut de fourchette en Ile-de-France pourrait-il s’expliquer par la présence d’un marché spécifique : nombreux sièges sociaux de grands groupes, instances internationales…

Ce qui semble certain, c'est que le modèle économique du métier d'avocat conserve une très forte dimension locale.

L’identification et la quantification de l'impact de ces facteurs internes et externes sur la performance économique des cabinets est rendue possible par la constitution d'une base de données segmentée (en fonction des critères internes à évaluer: spécialité, taille, etc.) et intégrant des données sur les facteurs externes déterminants (comme l'intensité concurrentielle par exemple).

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